Procalcitonine

Procalcitonine (PCT)

En France chaque année, prés de 75 000 patients en choc septique sont pris en charge à l’hôpital, notamment en réanimation où ils représentent quasiment un patient sur cinq. Malgré les développements de nouvelles stratégies de prise en charge précoce, ils connaissent encore une mortalité élevée (plus de 25 à 30% à un mois) d’autant plus forte qu’une prise en charge adaptée est mise en oeuvre avec retard. Ces taux de mortalité sont encore majorés lorsque le patient est infecté par un germe résistant aux antibiotiques (175 000 morts par an en Europe liées à ces bactéries).

De plus, outre l’impact indirect sur la mortalité des patients infectés par ces « super bactéries», chaque année prés de 1300 personnes meurent des suites d’effets secondaires des traitements antibiotiques.

Le clinicien est donc confronté à un double challenge : traiter précocement un patient parfois difficilement diagnostiquable en urgence, et ne pas traiter de façon trop systématique les patients symptomatiques sous peine de favoriser à terme l’émergence de germes résistants.

Il doit disposer d’outils permettant de prendre rapidement et en toute sécurité la décision de traiter ou ne pas traiter un patient, et d’adapter la durée de traitement aux besoins de son patient.

Importance d'un diagnostic précoce du sepsis

Un diagnostic précoce et une thérapeutique adaptée sont les éléments capitaux qui conditionnent l’évolution du patient septique. Cependant, dans les situations inflammatoires des patients sévères en réanimation, il est parfois difficile d’établir un diagnostic d’infection bactérienne. Ceci rend d’autant plus délicat le choix d’une thérapeutique adaptée, en particulier à la phase précoce de la maladie.
Dans ce contexte, associé aux critères cliniques usuels, le dosage de la procalcitonine (PCT) permet d’améliorer significativement leurs performances pour le diagnostic précoce du sepsis.

PCT, marqueur précoce et spécifique de l’infection bactérienne et du sepsis

Son augmentation rapide, hautement spécifique de l’origine infectieuse du syndrome inflammatoire, distingue le dosage de la PCT des autres marqueurs biologiques. En effet, dans les situations septiques, les valeurs de PCT sont augmentées dans les 3 à 6 heures qui suivent le démarrage de l’infection.

Des taux faibles de PCT (<0.1 µg/L voire <0.25 µg/L) chez des patients avec des signes cliniques d’infection (pneumonies communautaires aigues, infections urinaires…) indiquent une faible probabilité de bactériémie (avec culture positive), alors que des taux élevés de PCT (>0.25µg/L) sont corrélés avec la charge bactérienne et des cultures positives. Si les infections virales, l’inflammation chronique et les poussées inflammatoires d’origine auto-immunes présentent des taux faibles de PCT, ceux-ci sont généralement supérieurs dans le sepsis, et peuvent atteindre des concentrations de 10 à 100 µg/L voire d’avantage, selon l’intensité de la réponse inflammatoire à l’infection (Figure ci-dessous).

L'augmentation de la PCT reflète l'évolution continue du patient sain vers les stades les plus sévères de la maladie (sepsis sévère et choc septique).

C’est au travers de prés de 2500 publications internationales que la PCT a montré son intérêt dans de multiples domaines, ce qui a mené à son intégration dans certaines recommandations nationales et internationales.

PCT - Généralités biochimique

PCT - Données cliniques

Le dosage de PCT ne se substitue pas à un examen clinique attentif. Les valeurs de référence présentées ici sont données à titre indicatif. L’interprétation du dosage de PCT doit être confrontée aux critères cliniques et biologiques. En cas de forte suspicion clinique et une PCT initiale faible, contrôler le dosage à 12 heures.

Dernière mise à jour : 3 Octobre 2016