Procalcitonine

Procalcitonine (PCT)

Le meilleur biomarqueur actuel pour le diagnostic et suivi des infections bactériennes sévères et du sepsis.

La Procalcitonine permet en complement de la clinique un diagnostic précoce afin de mettre en œuvre une antibiothérapie adaptée aux besoins du patient, avec un impact économique démontré notamment en service de réanimation, aux urgences et en médecine de ville.

Historique de la découverte de l’utilité diagnostique de la PCT

L’utilité diagnostique du dosage de la PCT a été découverte par le Professeur Claude BOHUON de l’Institut Gustave Roussy (94 Villejuif) en 1993.
Dans le cadre du suivi des récidives de cancers thyroïdiens (à thyro-CT), ce dernier cherchait un marqueur plus précoce que la Thyro-calcitonine, pouvant être son précurseur, la Pro-CT (PCT). Au cours de son étude, des pics de PCT ont été observés chez des patients du groupe contrôle. En étudiant les dossiers cliniques des patients, ils ont observé une concordance entre la survenue d’inflammation aiguë d’étiologie infectieuse (sauf dans le cas des patients brûlés) et les pics de PCT obtenus. De plus, chez les enfants inclus dans l’étude, les taux de PCT chutaient significativement sous l’effet d’un traitement antibiotique efficace. Les principales indications du dosage de la PCT étaient posées.

Molécule et stabilité

La Procalcitonine est une protéine de 116 acides aminés, précurseur de la calcitonine (32 acides aminés). Dans des conditions métaboliques normales, l’hormone active est produite et sécrétée par les cellules C de la thyroïde, au cours d’un processus impliquant une protéolyse de sa prohormone PCT. C’est pourquoi dans ces conditions où seules des cellules thyroïdiennes et certaines cellules pulmonaires en sécrètent, le taux de PCT dans la circulation sanguine est très faible, voire indétectable (< 0.05 µg/L).

Lorsqu’une infection bactérienne se déclare, le gène CALC-1 s’exprime dans tous les tissus envahis menant à une libération constitutive de PCT. Tous les types cellulaires de l’organisme devenant alors capables de sécréter de la PCT, la concentration sanguine devient détectable (jusque plus de 1000 µg/L parfois), avec des concentrations proportionnelles à l’étendue de l’infection.

La molécule de PCT est très stable in vivo et in vitro.
Aucun traitement préanalytique n’est donc nécessaire avant son dosage. La demi-vie in vivo de la PCT est d’environ 24 heures.

Rôle physiologique

Malgré de nombreuses études, le rôle physiologique précis de la PCT n’a pas encore été clairement défini. Elle ne semble pas être uniquement un médiateur de la cascade inflammatoire, mais bien jouer un rôle néfaste au cours de la réponse à l’infection. On sait ainsi que la molécule, même si elle n’est pas délétère pour l’organisme une fois injectée chez un animal sain, amplifie probablement une cascade inflammatoire déjà déclenchée.

Des études ont montré la stabilisation voire l’amélioration d’animaux en choc septique par l’injection d’anticorps anti-PCT, ce qui est peut être un axe de recherche thérapeutique pour le futur.

PCT - Contexte clinique

Le dosage de PCT ne se substitue pas à un examen clinique attentif. Les valeurs de référence présentées ici sont données à titre indicatif. L’interprétation du dosage de PCT doit être confrontée aux critères cliniques et biologiques. En cas de forte suspicion clinique et une PCT initiale faible, contrôler le dosage à 12 heures.

Dernière mise à jour : 3 Octobre 2016