Procalcitonine

Procalcitonine (PCT)

Procalcitonine et optimisation des ressources médicales et financières

La Procalcitonine présente des perspectives pour l’optimisation des ressources cliniques et financières des établissements de santé, par la réduction de la durée de séjour ou la limitation du recours à certains examens secondaires onéreux :

- Dans la prise en charge des infections urinaires de l’enfant : par l’ optimisation du choix de traitement (per os versus iv), et du recours à l’imagerie (cystographie, scintigraphie) (réf. ).

- Dans la gestion d'autres tests de diagnostic coûteux tels que les hémocultures, en évitant les tests inutiles (réf. ) : Un taux de PCT élevé conforte la probabilité de bactériémie et, par conséquent, un risque plus élevé d’hémocultures positives : En dessous de 0,25 µg/L, les hémocultures peuvent être réduites de près de 40% chez des patients souffrant de PAC, se traduisant par 18€ d’économie par patient (coût du dosage de PCT inclus), sans prendre le risque de manquer plus de 4% de cultures positives (VPN 96%) (réf. ).

- Dans la prise en charge des Pneumonies Aigues Communautaires : pour conforter le cliniciens dans la décision d'arrêt des antibiotiques et un retour à domicile plus précoce chez des patients hospitalisés (classés score Fine IV ou CURB-65 à 2) : la cohorte bénéficiant du dosage de PCT (J1, J3) présente une durée de séjour moyenne de 3.7±2.8 jours contre 5.3±4.6 jours en pratique courante (p=0.00006) (réf. ).

- Dans la prise en charge du sepsis en réanimation : Une méta-analyse récente rapporte que l’intégration du dosage de PCT en pratique clinique peut être rentable chez des patients en soins intensifs en raison des coûts élevés d'antibiotiques (réf. ). A cela s’ajoutent la réduction des coûts résultant de leurs effets secondaires, de l'émergence de la résistance aux antibiotiques et de l’optimisation du recours aux autres tests de diagnostic coûteux (hémocultures), devant également être pris en compte. Un modèle économique de santé évaluant les coûts et les conséquences de l’utilisation de la PCT chez les patients souffrant de sepsis rapporte une réduction de -11 à -12% du coût global de prise en charge d’un patient séjournant en réanimation, se traduisant par une économie de -3 816 € à -4 200€ / patient (respectivement aux Pays Bas et en Allemagne), principalement par la réduction de la durée de séjour (-11%), de ventilation mécanique (-14%), de traitement antibiotique (-22%) et des hémocultures réalisées (-37%) (réf. ).

Coût du paramètre Sans PCT Avec PCT Différence
Total 34113 € 30297 € -3816 €
Séjour standard 3640 € 3073 € -568 €
Séjour en soins intensifs 24099 € 22046 € -2053 €
Antibiotiques 1267 € 983 € -284 €
Ventilation mécanique 2975 € 2559 € -415 €
Dialyse 232 € 232 € 0 €
Hémoculture 1379 € 863 € -517 €
Dosage de PCT - 75 € 75 €
Autres analyses de laboratoire 521 € 467 € -55 €

Prise en charge de la suspicion d’infection néonatale précoce : une approche innovante

Le recours au dosage de PCT sur sang de cordon pour simplifier la prise en charge des nouveau-nés suspects d’infection néonatale précoce est un exemple à part entière. A la naissance, près de la moitié des nouveau-nés sont concernés et sur-exposés i) à des bilans biologiques répétés et douloureux et ii) à une antibiothérapie néonatale, non sans effets délétères.

Dans une étude de simulation, un nouvel algorithme intégrant la PCT au cordon présente des performances diagnostiques équivalentes à la prise en charge actuelle (ANAES 2002) et montre l’impact de ce biomarqueur (réf. ) :

- dans la limitation de l’exposition à l’antibiothérapie néonatale : 1,3 fois moins de nouveau-nés traités.
- dans la limitation des bilans biologiques, donc de la pénibilité pour l’enfant: 3,2 fois moins de bilans néonataux.
- et la réduction de 2/3 des coûts de bilans associés.

Ces travaux n’évaluent que l’impact sur les coût de bilan biologique, sans prendre en compte, ni l’économie associée au coût de l’antibiothérapie, ni l’économie liée aux hospitalisations évitées (de l’ordre de 1800 € par nouveau-né pour un séjour de 3 jours), ni de temps de personnel soignant / technicien laboratoire évité.

En conclusion, le bon usage de la PCT contribue non seulement à la juste prescription des antibiotiques mais aussi à l’optimisation des ressources médicales et financières : son impact, écologique et financier, se mesure à l’échelle de l‘établissement.

PCT - PCT & limitations du recours aux antibiotiques

PCT - Contextes spécifiques d'interprétation

Le dosage de PCT ne se substitue pas à un examen clinique attentif. Les valeurs de référence présentées ici sont données à titre indicatif. L’interprétation du dosage de PCT doit être confrontée aux critères cliniques et biologiques. En cas de forte suspicion clinique et une PCT initiale faible, contrôler le dosage à 12 heures.

Dernière mise à jour : 3 Octobre 2016
  1. A retrospective study to evaluate a protocol aimed at reducing the number of unnecessary voiding cystourethrographies performed after a first episode of febrile urinary tract infection. Caillaud C,Abély M, Pons A, Brunel D, Viprey M, Pietrement C. Arch Pediatr. 2013 May;20(5):476-83.

  2. Comparaison de deux protocoles de prise en charge des infections urinaires fébriles de l’enfant. T. Blanchais, A.Legrand, E.Allain Launay, M.-D.Leclair, J. Caillon, G.Roussey-Kesler, Archives de Pédiatrie 2011; 2849:1-7

  3. Procalcitonin: a key marker in children with urinary tract infection. Leroy S and Gervaix A. Adv Urol 2011;2011 397618.

  4. Predicting bacteremia by procalcitonin levels in patients evaluated for sepsis in the emergency department, W.C. Albrich and B.Mueller. Expert Rev. Anti Infect. Ther. 9(6), 653–656 (2011)

  5. Procalcitonin levels predict bacteremia in patients with community-acquired pneumonia: a prospective cohort trial. Müller F, Christ-Crain M, Bregenzer T, Krause M, Zimmerli W, Mueller B, Schuetz P; ProHOSP Study Group. Chest. 2010 Jul;138(1):121-9.

  6. Procalcitonin levels predict bacteremia in patients with community-acquired pneumonia: a prospective cohort trial. Müller F, Christ-Crain M, Bregenzer T, Krause M, Zimmerli W, Mueller B, Schuetz P; ProHOSP Study Group. Chest. 2010 Jul;138(1):121-9.

  7. Procalcitonin reflects bacteremia and bacterial load in urosepsis syndrome: a prospective observational study. Van Nieuwkoop et al. Crit Care. 2010;14(6):R206

  8. Procalcitonin, a valuable biomarker assisting clinical decision making in the management of community-acquired pneumonia, Steven Lindstrom, Eric Ka Cheong Wong, DOI: 10.1111/imj.12374

  9. Procalcitonin for reduced antibiotic exposure in the critical care setting: a systematic review and an economic evaluation. Heyland DK, Johnson AP, Reynolds SC, Muscedere J. Crit Care Med. 2011;397:1792-1799.

  10. Cost minimization in the Intensive Care Unit : the added value of procalcitonin. Kip M.M.A., Kusters G.C.M., Steuten L.M.G. (2013). Topics in IC congress, 11-12 December 2013 Lunteren, the Netherlands

  11. Umbilical cord blood procalcitonin level in early neonatal infections: a 4-year university hospital cohort study. Joram N et al. Eur J Clin Microbiol Infect Dis. 2011 Aug;30(8):1005-13).

  12. Prise en charge des nouveau-nés suspects d’infection néonatale précoce : valeur diagnostique d’un algorithme intégrant le dosage de la procalcitonine au cordon. B. Cabareta, C. Laurans, E. Launay, J.-L. Orsonneau, J.-C. Roze, C. Gras-Le Guen. Archives de Pédiatrie Volume 20, Issue 9, September 2013, Pages 954–962

  13. J-B Müller (…) C.Gras Le Guen. Résumé communication libre JPP 2013 « Traiter moins mais traiter mieux les NN suspects d’IMF : vers de nouvelles recommandations »

  14. A new procalcitonin cord-based algorithm in early-onset neonatal infection: for a change of paradigm. S. Lencot et al. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 2014 DOI 10.1007/s10096-014-2065-3